BX 4 TC : L'arme blanche

La seconde BX à s'engager dans la compétition est la très rare version 4TC mise au point spécialement dans ce but pour la participation de Citroën au Championnat du monde des constructeurs Rallye 1986.

Pour pouvoir participer à cet évènement sportif, chaque constructeur avait pour obligation de mettre au point un modèle homologué pour la route, commercialisé à 200 exemplaires.

La BX 4 TC Série 200 sera ce le nom de ce véhicule "civilisé". Guy Verrier, directeur du service de compétition, a fixé 3 principes à sa conception:

- les 200 exemplaires nécessaires à l'homologuation au groupe B doivent répondre aux caractéristiques des voitures de rallyes

- La BX TC Série 200 doit également être une grande routière commercialisable dont l'usage ne doit pas être limité aux circuits et rallyes, avec un réel confort et une réelle habitabilité pour les passager et les bagages.

- Les organes et les pièces servant à la conception du véhicule devaient être déjà existants, issus de la banque PSA et longuement éprouvés. Le but étant de commercialiser une grande partie des 200 véhicules à prix coûtant.

Donné en performances pour plus de 220 km/h et le km départ arrêté en 27,5 s’’. Sans doute mal rodés, les modèles essayés par la presse ne confirmeront pas ces performances (en moyenne 210 km/h et le km d.a en 28 s’’). Les essais réalisés par la presse sont critiques et soulignent le côté « meccano » et le manque de mise au point du véhicule. Cela ne favorisera pas leur commercialisation.

BX 4 TC Evolution est le nom donné à la version destinée à courir. Les caractéristiques techniques sont encore plus poussées que sur la version "série 200". Au total 20 exemplaires seront construits. 15 resteront à la disposition de la marque, les 5 autres seront vendus à des filiales ou écuries privées pour 800 000 FF pièce environ.

  • Moteur

Le moteur sera identique à la version "client", le N9TE. Cylindrée 2141,5 cm3, corrigée 2141,5 x 1.4 = 2889 cm3. Carter en fonte, culasse en alliage léger. Placé à l'avant longitudinalement, incliné de 15° vers la droite. Arbre à cames en tête commandé par chaîne. Injection K Jetronic. Suralimentation par turbocompresseur KKK (type K26) avec échangeur air/air. La pression de suralimentation est réglable à partir du poste de commande. Circuit de graissage avec un carter sec et deux radiateurs d'huile à l'arrière. Circuit de refroidissement avec un radiateur à également à l'arrière. Régime maximal 8000 tr/min, régulé par coupure d'allumage. Puissance maximale 380ch DIN à 7000 tr/min pour une pression de suralimentation de 1300 millibars. Couple maximal 46 m.kg à 5500 tr/min. Allumage électronique (AEI).

  • Transmission

Boîte 5 vitesses identique à la BX 4TC série 200. Embrayage à diaphragme bi-disque à sec, commandé hydrauliquement. Inverseur-décraboteur de rapport 1 accolé à la boîte de vitesses. Autobloquants AV et AR à glissement limité variable (défini suivant l'adhérence au terrain).

  • Carrosserie

Berline 5 portes, 2 places de couleur blanche. Capot moteur, ailes, portes, hayon, pare-chocs en kevlar-carbone. Glaces latérales et AR en margard. Réservoir d'essence de sécurité à la norme FT3 (Superflexit), placé dans le coffre.

  • Suspension

Identique à la BX4TC "série 200" hydropneumatique à roues indépendantes et hauteur constante. Diamètre de base des barres antiroulis: 25 mm à l'AV, 23 mm à l'AR.

  • Direction

A crémaillère, assistée à rappel asservi. Rapports de démultiplication : 1/14,45 ou 1/11,16. Diamètre du volant : 340 mm. Nombre de tours de volant de butée à butée : 340 mm.

  • Freinage

Identique à la BX 4TC "série 200". Freins AV et AR à disques ventilés. Etriers AV et AR à 4 pistons (type CX à l'AV). Répartiteur defreinage manuel au tableau de bord.

  • Roues et pneumatiques

Roues en alliage léger (Amil) : 180.390 FH.H.12 avec pneumatiques Michelin "Terre" 66/18x390

  • Dimensions, poids, capacités

Empattement 2612 mm, voies AV et AR 1614 mm. Longueur (hors tout) 4590 mm. Largeur (hors tout) 1915 mm. Capacité du réservoir essence 120 litres. Capacité du circuit d'huile 15 litres (carter sec). Poids 980 kg.

  • Pilotes

Citroën participera au championnat du monde des rallyes 1986 avec deux BX4TC "évolution" pilotées par Jean Claude Andruet (né le 13 août 1942 à Montreuil 93) et Philippe Wambergue (né le 10 mars 1948 à Paris 75). A cette occasion, Total, Michelin, Valéo, Champion, SKF et Sabelt apporteront leurs compétences techniques à Citroën Compétition.

La Direction Commerciale de la région parisienne engagera de son côté une 3° BX 4TC "évolution" confiée à Olivier Tabatoni, pilote révélé par le Trophée Visa International Citroën-Total-Michelin qu'il remporta en 1983.

Ci-dessous la photo de la première page du dossier de presse du véhicule:

les débuts en course du modèle Evolution sont difficiles : 3 mois à peine après sa présentation à la presse, il est aligné au rallye de Monte Carlo piloté par J.C Andruet et P. Wambergue, où les deux voiture abandonnent assez vite. Un peu plus tard a lieu le rallye de Suède : sur la neige la BX 4TC retrouve un certain équilibre et Andruet termine 6ème. Guy Verrier décide de faire l’impasse sur le rallye du Portugal le Safary Rally et le Tour de Corse, pour se concentrer sur la mise au point de la voiture. Malgré ses 380 ch, sa taille et son poids représentent un véritable handicap. C’est au rallye de l’Acropole qu’a lieu le retour, mais malheureusement des berceaux arrière allégés et non testés provoqueront l’abandon des voitures par ailleurs très rapides en épreuves spéciales. Peu après Citroën anticipe sur la décision de la FIA d’arrêter les groupes B en fin de saison pour jeter l’éponge et stoppe l’engagement de la BX 4TC en compétition.

Ci-dessous le texte de l'annonce du retrait (Source : Crocoludo)

Un échec cuisant, à relativiser cependant par les progrès que la voiture montrait à chaque engagement en compétition et par les très bonnes performances de Chauche et Tabatoni simultanément dans le championnat de France des rallyes sur terre. Leurs BX 4 TC étaient toujours en lutte pour la 1ère place face à la 205 T16 semi-officielle de Ballet quand elles ont eu à abandonner sur panne mécanique.

Cet échec sportif rend de plus en plus difficile la commercialisation de la série 200, dont le manque de mise au point est de notoriété publique. Début 1987, Citroën se résout à réduire le prix de vente de 40% !

Cela ne suffira pas, et seulement 83 BX 4 TC Série 200 seront commercialisées ou données, les autres exemplaires seront détruits sous contrôle d’huissier. La plupart des modèles Evolution seront également ferraillés. A notre connaissance il n’en reste plus que 5 sur les 20, alors qu’une quarantaine de BX 4TC Série 200 reste recensée entre les mains de collectionneurs à travers le monde.